Tri sélectif

Le tri écologique des déchets et la collecte sélective sont des actions consistant à séparer et récupérer les déchets selon leur nature pour leur donner une « seconde vie », le plus souvent par le recyclage évitant ainsi leur simple destruction par incinération ou abandon en décharge et par conséquent de réduire son empreinte écologique.

 

Décheterie Nord : Rue de Vauluisant – 89 190 VILLENEUVE l’Archevêque

                          Tel : 03 86 96 81 66

                Horaires :

ð  le matin : vendredi et samedi de 10 h à 12 h

ð  l’après-midi : Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi

                               de 14 h 30 à 18 h en été (du 1er avril au 30 septembre),

                               de 14 h 30 à 17 h en hiver (du 1er octobre au 31 mars),

 

Décheterie Sud : Route de Laroche – 89 320 CERISIERS

                          Tel : 09 67 13 29 75

                Horaires :

ð  le matin : Lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi    de 9 h  à 12 h

                         samedi    de 10 h à 12 h

ð  l’après-midi : Le  samedi

                               de 14 h 00 à 18 h en été (du 1er avril au 30 septembre),

                               de 14 h 00 à 17 h en hiver (du 1er octobre au 31 mars),

Ramassage des Ordures Ménagères :

Il a lieu une fois par semaine, le jeudi matin. Les poubelles sont à sortir au plus tôt le mercredi soir. Quand le jeudi est un jour férié, le ramassage a lieu, en général, le vendredi matin.

 

Point d’Apport Volontaire :

Il se situe vers le pont Noir.

Il y a un conteneur à verres, deux conteneurs à plastique-corps creux-métaux et un conteneur à papier.

QUEL DEVENIR POUR NOS DECHETS ?

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            Depuis toujours, l’homme produit des déchets ménagers. Dans nos sociétés rurales, presque tous les déchets trouvaient leur destination : épluchures de légumes sur le tas de fumier ou le compost au fond du jardin.  Papiers et cartons servaient à allumer le feu ou étaient brûlés en plein air. Quant aux vieilles ferrailles, elles étaient stockées afin de les remettre à un récupérateur de métaux. Il n’y avait ainsi que fort peu de déchets à évacuer « à la fouille », « aux ordures ».

            En ville, les choses étaient moins faciles. Dans le Paris moyen-âgeux du Parvis Notre –Dame, les maisons comportaient des fosses qui recueillaient l’ensemble des déchets et servaient peut-être aussi de fosses d’aisance. Mais il fallait, de temps en temps, vider toutes ces « matières » et cela ne devait pas sentir très bon. Qu’en faisait-on ensuite ?. Sans doute des épandages dans la campagne environnante !.

            Ces sociétés ont rapidement évolué durant les derniers siècles et surtout les dernières décennies. Les habitants ont cherché à se débarrasser des soucis liés à leurs déchets individuels. Le tout à l’égout a été installé dans l’Ile de la Cité dès le XIXème siècle Dans le même temps, Mr Poubelle a lancé un instrument qui l’a immortalisé. Et les déchets, de familiaux, sont devenus collectifs.

            Les produits du jardin ou les légumes frais ont fait place à des produits tout préparés et surtout « conditionnés ». Du coup, les emballages se sont multipliés et ont rempli nos poubelles.

Le tri et les traitements :

            En 2000, un bourguignon a produit, en moyenne, 405 Kg d’ordures ménagères et la progression annuelle est d’environ 2% par an. La méthode ancienne de mise en décharge globale des déchets bruts est pratiquement abandonnée (interdite depuis le 1er Juillet 2002).

            Un gros effort a été accompli pour recycler les déchets : d’une part, la mise en place de containers de tri par apports volontaires (Communauté de Communes de la Vanne), d’autre part, certaines collectivités ont mis en place des collectes sélectives (Véron) multimatériaux, enfin des déchetteries reçoivent sélectivement les différents matériaux., Ainsi 73% des bourguignons sont desservis par un système de collecte sélective. Au total, 51% des ordures sont stockées (en décharge contrôlée), 30% sont incinérées et 19% sont destinées au recyclage.

            La filière incinération semblerait présenter la plus grande facilité tout en fournissant de la chaleur de récupération (à Sens, chauffage urbain, piscine). Pourtant, elle revient cher à cause des coûts d’installation, de transport et de fonctionnement. Elle a un inconvénient majeur qui peut être corrigé, c’est de fabriquer des dioxines et des furanes (gaz toxiques) rejetés dans l’atmosphère.

Les résidus d’incinération d’une tonne de déchets comprennent 260 kg de machefers (réutilisables pour les routes) et 40 kg de résidus d’épuration des fumées d’incinération d’ordures ménagères qui doivent être stockés en centre d’enfouissement pour déchets spéciaux (substances toxiques). Cette filière stagne en quantité car aucune nouvelle unité n’a été construite. Depuis 1996, une partie des ordures ménagères de la Communauté de Communes et du Syndicat est traitée par ce procédé mais le coût est de l’ordre du double.

            Le stockage en centre d’enfouissement contrôlé est réalisé dans notre région, à La Chapelle sur Oreuse et à Champigny. En principe, depuis le 1er Juillet 2002, ces installations ne devraient plus accueillir que des déchets ultimes, c’est-à-dire, la partie des déchets qui ne peut être valorisée.

            Ces décharges doivent être contrôlées et obéissent à un cahier des charges précis quant à la qualité des produits stockés, le contrôle des effluents, le recouvrement et l’aération (pour éviter les fermentations anaérobies productives de méthane).

            Si trois quarts de la population bourguignonne sont desservis par des collectes sélectives (porte à porte, points propreté, déchetterie….), on pourrait supposer que seulement un quart des ordures ménagères est stocké ou incinéré à l’état brut sans tri préalable. Le tri par les habitants étant loin d’être effectué à 100%, la proportion de déchets bruts stockés en l’état est sûrement supérieur à un tiers.

Les filières du recyclage :

            Pour valoriser au mieux les déchets et diminuer les quantités à traiter, les filières du recyclage reçoivent 15% des déchets plus 4% de fermentescibles, soit au total 19% des ordures ménagères.

            La première filière mise en place a été celle du verre, au départ pour financer l’aide à la recherche contre le cancer. Le verre représente seulement 53 kg dans les ordures ménagères (13% du poids de déchets), composé de bouteilles (83%), pots et bocaux (10%), flacons (6%) et autres (1%). Les collectes sélectives multimatériaux recueillent 60% et les apports volontaires en déchetterie et points propreté 40%. Trois verreries réutilisent ces produits : Saint-Gobain (Chalon sur Saône, 71), Saint-Gobain (St Romain le Puy, 42), et B.S.N Glasspack (Puy-Guillaume, 63). Après broyage, lavage, tri magnétique, tri optique, le calcin est fondu et mélangé à du sable et autres matériaux.

            Le marché demandant plus de verre blanc et moins de verre coloré, il va devenir nécessaire de trier les verres blancs et les verres colorés. Ce que font déjà certaines collectivités : Sivom de Semur en Auxois, Paray le Monial, Tournus, Louhans.

            Premier gisement en poids, (102 kg par habitant et par an), les papiers et cartons représentent 25% de nos ordures ménagères mais ne sont recyclés qu’entre 11 et 16%. Pourtant 58% des papiers et cartons d’emballage sont fabriqués avec des papiers et cartons recyclés. Les cartons recyclés ne proviennent que pour 7% de nos déchets ménagers, alors que 93% proviennent des déchets industriels et commerciaux.

            En ce qui concerne les papiers et cartons d’emballage, il faut reconnaître que la récupération est mieux organisée chez les industriels et commerçants, qui ont généralement un local à part, couvert, où les cartons sont écrasés pour tenir moins de place. C’est également le cas des déchetteries où des containers sont prévus pour ce type de produits. Par contre, les containers des points de propreté ne permettent pas d’introduire ce type de produits par des ouïes, non prévues pour cet usage.

            Sur les points de propreté, les journaux et magazines sont triés à part tandis que les tétrapacks vont dans le container à emballages creux (avec les plastiques,

 les fers et aluminium). En déchetterie, le tri va plus loin, puisque sont généralement séparés les plastiques, les fers et métaux.

            Le recyclage des papiers et cartons se fait en plusieurs temps : le pulpage (tri complémentaire + extraction des fibres), l’épuration (séparation des fibres, des colles, vernis, agrafes), et raffinage pour optimiser les caractéristiques des fibres. Si l’on veut de la pâte blanche, il faut aussi procéder à un désencrage.

            Plus complexe est le traitement des tétrapacks qui contiennent généralement plusieurs matériaux : du carton (75%), de l’aluminium à l’intérieur et du plastique (intérieur et/ou extérieur).Ce travail s’effectue dans des usines spécialisées, par exemple dans les Vosges. Généralement, la partie fibres recyclées est mélangée à une part de fibres neuves (issue par exemple de pâte provenant du pin ou sapin)

            L’industrie du recyclage des papiers et cartons représente une capacité de 5,8 millions de tonnes pour la France.

Troisième gisement de matière première : les matières plastiques représentent 11% des ordures ménagères (45 kg par habitant et par an) mais ne sont recyclés qu’à 3 ou 4%. Une des raisons de ce faible taux, c’est que seuls les corps creux : bouteilles, flacons, bidons sont récupérés. Ils ne représentent, en effet, qu’un tiers des plastiques ménagers. Ils correspondent à trois familles chimiques : les P.V.C (Polychlorure de Vinyle), les P.E.T (Polyéthylène) et les P.E.H.D (Polyéthylène à Haute Densité). Les P.V.C (bouteilles légèrement opaques) ne représentent plus que 2,6%, les P.E.T 79,6% (boissons gazeuses, eaux) et les P.E.H.D 17,7% (flacons de lait et lessives). La croissance du P.E.T tend à uniformiser la composition, ce qui augmente les possibilités de récupération.

            Actuellement, 30 industriels recyclent les plastiques collectés en Bourgogne. 49% des plastiques sont expédiés en France, 41% dans l’Union Européenne et 10% hors de l’Union Européenne. La technique actuelle consiste à transformer les plastiques en fibres pour fabriquer des tuyaux, des chaussures, des fibres textiles (laine polaire), pour le P.V.C. Le P.E.T sert à rembourrer des couettes, pour fabriquer des tapis automobiles, de la mousse d’isolation. Le P.E.H.D est utilisé pour fabriquer des flacons, des tuyaux, des palettes, des coffrages, etc….

            De nouvelles techniques sont expérimentées : plastiques mélangés pour fabriquer de nouveaux produits et filière chimique qui consiste à séparer par voie chimique, les différents composants, pour les réutiliser à la base.

            Les métaux, qui représentent 4% des ordures ménagères ne sont recyclés qu’à environ 7%. L’acier lui-même, représente 90% de ces métaux.. Il est récupéré par collecte sélective et dans les usines d’incinération (66%) ou les composts (8%). Les propriétés magnétiques permettent un triage par aimant. Même lorsqu’il est mélangé dans les containers d’apport volontaire ou les collectes sélectives, aux plastiques, aux tétrapacks et à l’aluminium. (26% des aciers récupérés).

            La destination de l’acier recyclé sont les usines de Sollac (Dunkerque et Sérémange 57) et sert à fabriquer des aciers plats (tôles pour automobiles, emballages). Malgré une identification facile, le pourcentage de recyclage de l’acier est faible car souvent les emballages sont souillés ou bien remplis par d’autres déchets.

            L’aluminium représente moins de 1% en poids des ordures ménagères : 29 tonnes, soit un peu plus de 1% ont été recyclés en Bourgogne en 2000 : 53% à partir des centres de tri, 40% sur les machefers et 7% sur les composts. Ce faible taux de recyclage s’explique parce que la collecte sélective ne permet de récupérer que les emballages principalement constitués d’aluminium, soit un peu plus de la moitié de l’aluminium contenu dans les ordures ménagères.

            Les déchets fermentescibles représentent 117 kg par habitant et par an, soit 29% en poids, des ordures ménagères (restes de repas, épluchures, déchets de jardin).La collecte ne représente que 4 à 7% de ce potentiel. En effet, l’organisation de la collecte est récente.

            Les fermentescibles sont destinés au compostage (Centre des Vauguillettes à Sens). Ils sont broyés puis mélangés, mis en andins et seront retournés pour aider à une fermentation aérobie. Le résultat est un résidu humique : le compost, qui peut être utilisé en engrais pour différents usages agricoles et horticoles.

            Actuellement, la collecte n’est pas organisée dans les zones d’habitat collectif mais les déchetteries reçoivent ces produits de la part des professionnels de l’horticulture : produits de tonte et de taille broyés. La fermeture des décharges aux déchets bruts ne leur permet plus de se débarrasser de ces produits. Par contre, dans les zones rurales ou pavillonnaires, le compostage individuel est une solution très économique puisqu’elle n’engendre aucun frais (sauf éventuellement le prêt par les collectivités de composteurs), ni de transport, ni de traitement. En revanche, elle apporte des éléments organiques toujours favorables au jardinage.

Des objectifs aux réalités :

            Nous ne recyclons, actuellement, que 19% des déchets(dont 4% de fermentescibles compostés). L’objectif serait de 50% à l’échelon national. C’est très ambitieux si l’on considère que, toutes catégories confondues, 82% des déchets seraient valorisables. En tenant compte de diverses impossibilités techniques, l’objectif parait difficile à atteindre.

            D’ores et déjà, avec la situation actuelle, le bénéfice pour l’environnement est incontestable. Pour la Bourgogne, les volumes à traiter sont diminués des 19% recyclés. De substantielles économies d’énergie sont réalisées : 11.000 tonnes d’équivalent- pétrole, qui auraient été utilisées pour la mise en œuvre de 57 tonnes de bauxite, 34.000 tonnes de sable (verre), 5.000 tonnes de bois (papiers, cartons),3.200 tonnes de minerai de fer (acier). La pollution par 57 tonnes d’oxyde d’azote, 130 tonnes d’oxyde de soufre et 27.000 tonnes de dioxyde de carbone a été évitée.

             Notre effort doit donc se poursuivre. L’époque de la facilité du tout à la poubelle (ou à la décharge) est terminée. La démarche citoyenne, c’est le tri de tout ce qui peut l’être. Par contre, la collecte des cartons d’emballage doit être améliorée. Bien sûr, la déchetterie de Sens offre actuellement une possibilité en ce domaine, mais sa proximité est assez relative.

            Par ailleurs, la démarche décheterie est moins simple qu’il n’y parait pour les habitants. Si elle offre beaucoup de possibilités : batteries, cartons, matériaux, etc…, elle a une grande exigence, c’est que le tri préalable soit impeccable. Les employés sont là pour nous aider, mais il contrôlent, à juste titre, la qualité des matières apportées.

            Du côté réglementaire et industriel, des efforts sont entrepris pour limiter les quantités d’emballages utilisés pour la mise en marché des produits. Il y a fort à faire, mais cela devrait amener des économies, à la fois sur le prix de revient à la production, et sur le coût de traitement des dits emballages usagés.

            Sans attendre les résultats de ces actions, chaque ménage doit s’efforcer d’améliorer son tri, car c’est de là que part tout le processus. L’habitat rural dispose de plus de place que l’habitat urbain pour stocker les différentes catégories de déchets. Le secteur de la Communauté de Communes est dans l’ensemble assez favorisé pour faire un effort dans ce sens. Profitons-en !.

           

 

                                                                                              Jean STENUIT